Les jeunes qui font partie de LOVE participent d'abord au programme de photojournalisme, à des endroits prévus à cet effet, un peu partout au Canada. Les jeunes apprennent alors à photographier, à réfléchir et à écrire au sujet des causes et des impacts de la violence, en plus d'en faire la prévention. Avec ce processus, ils éliminent la haine et les déceptions, développent leur estime de soi et trouvent un sens à leur vie.
Les écrits et les photographies sont également inclus dans notre journal bi-annuel (One LOVE (en anglais) etProjet LOVE (en francais), ainsi que dans nos livres (LOVE Works!, The Courage to Change : A Teen Survival Guide et L'Art de vivre sans violence), en plus d'être exposés lors de présentations dans la communauté ou lors d'expositions officielles comme celle qui a lieu au Musée des beaux-arts de Montréal, du 18 avril au 31 août 2002.
Chère maman : Puis-je te demander pourquoi ? Pourquoi tu m'as battue ? Pourquoi est-ce que tu n'as pas démontré de l'affection maternelle ? Pourquoi est-ce que tu as trahie ma confiance ? Pourquoi est-ce que tu m'as trahie, moi ta fille ? Pourquoi tu n'essaie pas à la place de dire que ça ne se peut pas ? Pourquoi je me demande, c'est pourquoi ? Parce que tu n'as jamais été là.
(Anonyme 14 ans)
L'enfance est l'insouciance : Tes parents t'élèvent et tu ne peux pas savoir si ta vie est normale ou non. Tu es heureux partout sauf chez toi, est-ce une vie ? Tu entres chez toi le soir pour souper et personne parle, si quelqu'un ose parler, la chicane pogne. Peut-on vivre une enfance normale sans parler, toujours crier et s'attaquer ?
(Anonyme, 17 ans)
Le suicide : Je suis dans un long tunel noir même si je cris personne ne m'entend tout le monde passe sans dire un mot mais je suis seule dans ma lutte, personne ne m'écoute. Je suis la seule dans l'univers qui me comprends. Y a-t-il quelqu'un qui me comprends ? Où pourrais-je trouver la personne qui saura me comprendre ?
(Sophie Daigneault, 13 ans)
Solitude à en mourir : Prise d'une solitude à en mourir dans mon coin je commence à pourrir. Perdue dans d'adventives pensées, mes plaies, j'essaie de panser. Nourrie par une haine développée comme une gangrène, j'imagine comment j'aurais pu plaire, à mon Adonis éphémère. Du plus profond de mon cœur, j'ai prié le Seigneur pour avoir la permission de garder ce bonheur que maintenant j'ai perdu et que maintenant je pleure. De cette solitude j'ai peur, de cette solitude je meurs…
(Minouche, 15 ans)
Je suis un humain : J'ai une amie qui me frappe où ça fait le plus mal : au cœur. Elle m'évite aussi souvent qu'elle peut juste pour me faire réagir. La première fois, j'ai pleuré pendant une demi heure mais aujourd'hui je me demande pourquoi je suis son amie. Je crois que j'ai trouvé la réponse : j'ai pitié d'elle. On ne fait pas souffrir quelqu'un, vaut mieux le tuer que de le faire souffrir. Je ne suis pas un oreiller moi. Je suis vivante, je suis un humain.
(Malou Marcil, 13 ans)
Feu de camp : La lueur du feu. Feu Ô feu. Tu mets ta lueur dans mes yeux. Tu éclaires mon visage en enlevant ma rage. Tu es si beau et si gros, si puissant et si jasant. Ouvre-moi ton cœur et je t'apporterai du bonheur et notre lueur pourra voyager de cœur en cœur.
(Malou Marcil, 13 ans)
Reviens : Chaque soir je rêve à toi. Je te rêve à mes côtés. Mais tu n'y es pas! Toi amour qui m'a fait rire! Toi amour qui m'a fait pleurer! Mais avec qui j'ai malheureusement joué. Maintenant tu me tourmentes sans cesse. Je te cherche dans les rues dans les fêtes. Dans les bars, dans les parcs et les musées. Amour, reviens vers moi. Amour j'ai peur sans toi.
(Anonyme, 16 ans)
Fou d'amour : Je me suis fait menacer. Et je me suis affolé. Mais je suis resté résistant. Malgré mon impuissance. À force de le voir frustré. Je me suis révolté. Je les ai surpris. Et lui je lui ai dit. Bella. Je me suis attaché. Je me suis alarmé. J'ai crains. Mais je suis restée insatiable. Je t'ai admiré. J'étais passionné. De te voir le soir…
(Kevin Prévost, 15 ans)
Regarde moi : Cela fait un an jour et nuit. Je ne pensais qu'à toi et tu ne me voyais pas. Nous sommes maintenant un an après. Jour et nuit, je ne pense qu'à toi et tu ne me regrades toujours pas. Un an plus tard jour et nuit je ne penserai qu'à toi et tu ne me verras toujours pas.
(Anonyme, 14 ans)
Un ange est mort ce soir : Par une froide nuit d'hiver, dans un quartier sombre et délabré de la ville, Amélie se blottissait contre les quelques vieux journaux qu'elle avait pu trouver. Seule dans le coin d'une ruelle, une bière enveloppée dans un vieux sac jauni à la main, elle repensait à sa vie. Comment, à seize ans, avait-elle pu se retrouver là? Dans un petit coin noir isolé, assise dans la neige avec ses vêtements déchirés sur le dos, tellement frigorifiée que le seul fait de bouger un peu la tord de douleur, elle a peur du lendemain. Elle avait déjà eu une vie pourtant, une famille, un toit pour l'abriter. Où était-elle, maintenant, cette vie? Dieu seul le sait. Mais cette vie qu'elle avait eue valait-elle vraiment mieux que celle-ci? Était-elle plus heureuse lorsque son père venait lui rendre visite, le soir, dans sa chambre? Avait-elle une meilleure vie lorsque sa mère la battait en la traitant de menteuse, alors qu'Amélie essayait seulement de lui faire comprendre la vérité à propos de son ignoble père? Elle ne sait pas, elle ne sait plus, tout ce qu'elle peut faire désormais c'est pleurer, pleurer pour que toute la souffrance s'arrête. Cette pauvre petite puce n'a jamais rêvé de luxe et de richesse, elle n'avait qu'un seul rêve, se sentir aimée… et elle ne l'a été. Le sera-t-elle un jour? Elle prend une dernière gorgée de bière et sombre tranquillement dans un profond sommeil. Mais ce sommeil ne prendra jamais fin. Ce soir, dans une ruelle sombre, un ange est mort. Tous diront que c'est l'hypothermie qui l'a tuée. Mais est-ce qu'un seul d'entre vous pourra penser, pendant l'espace d'un instant, qu'elle est morte de ne jamais avoir été aimée?
(Marie-Claude Venne, 16 ans)
Mlle cocaine : Donc, moi j'aime le pot, les goofballs, le hash, le P.C.P Pour moi, ce n'est plus assez! Et voilà qu'un de mes amis de combine, veut me présenter Mlle Cocaïne. Avant de l'inviter à sortir, celle-là, je pense à ce que mon avenir sera. Mais très vite, j'ai mangé dans sa main, lui ai léché les bottes comme un petit chien. Je me pensais à l'abri de tout ça, même si je l'avais vu vaincre de beaux et gros bras. Pour commencer, je l'ai fumée dans le temps de le dire, je l'ai « sniffée ». Couchée sur le sol, le besoin me rendait folle. Je vendais ma mère pour un trente sous, de fille « clean », je suis devenue « voyou ». Je volais n'importe qui, n'importe quoi, juste pour l'avoir une sainte autre fois! Puis un jour au fond du baril, j'ai annoncé à tous qu'elle et moi, c'était fini! Je peux toujours le penser, c'est dans le droit de la personne, mais je veux m'en débarrasser juste pour le « fun ». Juste pour les maux de cœur, les crampes, les tripes qui explosent, pour la fièvre, les sueurs, le manque. Solitaire au fond de ma piaule, envolées, parties, soufflées les illusions. Me voilà bien accrochée comme un poisson C'est un isoloir. Il me la faut sur mon miroir et tout continuera comme avant. Je ne peux plus vivre sans elle, Je lui ai donné mon cœur, mon sang, mes espoirs Et ça, jusqu'à ce que la mort nous sépare!
(Anonyme, 13 ans)
Solitude à en mourir :Prise d'une solitude à en mourir, dans mon coin je commence à pourrir. Perdue dans d'adventives pensées, mes plaies j'essaie de panser. Nourrie par une haine développée comme une gangrène, j'imagine comment j'aurais pu plaire à mon Adonis éphémère. Du plus profond de mon cœur, j'ai prié le Seigneur pour avoir la permission de garder ce bonheur que maintenant j'ai perdu et que maintenant je pleure. De cette solitude j'ai peur. De cette solitude, je meurs…
(Minouche, 15 ans)
Enchaînée : Je suis brisée, déchirée et défaite. Mon âme est gaspillée. Mes yeux ne s'ouvrent plus sur la vie, mais s'enlacent de larmes qui n'arrivent jamais à se livrer sur ma joue. Cette sensation qui pèse dans le creux de moi me garde sur le sol chaque jour un peu plus fort. Je descends jusqu'au sommet, je me retourne et je tombe. La noirceur sans fin, le jour sans début. L'espoir qui ne peut s'accrocher car il n'y a rien qui m'entoure, personne pour me sauver, me garder saine. Dans ces moments de tranquillité, je respire pour la première fois l'air que je n'ai jamais voulu. La nuit s'assombrit. Plus que je tombe une nouvelle sensation grimpe. Dans mon corps qui est en descente, une liberté de soi qui m'enchaîne.
(Kimberly Flynn, 17 ans)